Utilisé d’abord dans les poulaillers à sa sortie en 2014, le robot de décontamination Biosafety de la société choletaise Octopus Robots est en plein boom. Des entreprises du monde entier passent commande. | OCTOPUS ROBOTS

Entretien avec Olivier Somville, président d’Octopus Robot à Cholet.

Votre robot spécialisé dans la désinfection, le « Biosafety », est fortement commandé. Pourtant, ses débuts ont été difficiles.

Olivier Somville : « Quand nous avons sorti ce produit en 2014, nous voulions développer un robot de décontamination du matériel et des bâtiments de grands volumes par voie aérienne pour prévenir les risques sanitaires comme la situation d’aujourd’hui. Il a fallu deux ans de tests en laboratoire. La microbiologie ne s’improvise pas. Le robot pouvait servir pour les aéroports, hypermarchés et établissements recevant du public. En 2015, quand nous l’avons présenté à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), on a eu le ressenti que beaucoup voyaient cela comme un investissement sans possibilités de revenus derrière. »

Vous l’avez donc réorienté vers le marché de l’agriculture ?

« Dès que l’on a travaillé sur l’assainissement de l’environnement dans les élevages de poulets. Ils sont en meilleure santé et vivent mieux donc, là, il y a une répercussion sur les marges. »

Qu’a changé le coronavirus ?

« Avec cette crise, on voit que les conséquences économiques d’une épidémie sont monumentales. Avant, la mise en place de prévention n’était pas une priorité. Là, on est contactés par des entreprises qui veulent s’assurer qu’elles peuvent rouvrir avec un environnement le plus sain possible pour leurs employés. »

Qui vous a contacté depuis le début de la pandémie ?

« Les premières entreprises chinoises nous ont contactés il y a plus d’un mois, avec l’objectif de redémarrer leurs activités. Les surfaces de contact sont des vecteurs importants de contamination. Au fur et à mesure, des entreprises françaises et du monde entier commandent notre robot. Le chiffre est difficile à estimer, mais avec ce robot, on passe d’une échelle de 0 à 100. C’est sans commune mesure »

Comment vous organisez-vous face à la demande ?

« Nous avons déjà 70 % de nos 15 employés sur le pont. On essaie de répondre à la demande mais on ne peut pas fabriquer des robots dont personne ne voulait il y a quelques années et que tout le monde veut en claquant des doigts. Les délais de livraison sont de deux à trois mois. »

Vous êtes également en discussion pour vendre une licence à une société étrangère…

« Si je pouvais, je livrerai partout dans le monde pour sauver le plus de personnes possible. Mais oui, nous voulons vendre une licence à une société étrangère pour qu’elle fabrique et déploie rapidement les systèmes. Ainsi, nous resterons en pôle sur les livraisons en France. »

Prévoyez-vous de recruter ?

« Si la demande se poursuit, car ce n’est pas une crise d’une ou deux semaines, on aura peut-être la possibilité d’avoir des mesures dérogatoires ou de l’aide de la part de partenaires. Même avant le début de l’épidémie, nous étions en phase de recherche pour agrandir notre équipe de 15 salariés. Nous prévoyons à l’avenir 3 ou 4 recrutements en CDI. »

Des aéroports ou des supermarchés français vous ont-ils commandé ce robot ?

« C’est possible, mais je ne peux encore rien dire (sourire). La sensibilisation dans la grande distribution est acquise. Les aéroports sont fermés ou en passe de l’être. L’entreprise également prend conscience de cette problématique. S’ils décident de mettre en place ce système, le risque sera réduit bien que le risque zéro n’existe pas. »

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